03.02.2010
Les Experts acclamés à leur retour

L'équipe de France de handball, championne d'Europe dimanche, a été acclamée lundi à son retour en France par plusieurs centaines de supporteurs enthousiastes et fidèles, comme après le titre mondial et le sacre olympique. «J'aimerais juste dormir un peu», a lancé sur le ton de la boutade le chouchou du public, Nikola Karabatic. A peine la victoire sur la Croatie assurée, les Bleus se sont lancés dimanche dans une légitime fête viennoise, terminée au petit matin. «On s'est lâché, on a évacué», a raconté Thierry Omeyer, le gardien, à peine revigoré par quelques heures de sommeil. Et le retour en France ne leur a pas permis de récupérer.
Après leur arrivée à Roissy, direction les Champs-Elysées où les Experts ont eu droit à un nouveau bain de foule avant de plonger dans le tourbillon médiatique. «On a réussi quelque chose de grand pour le sport français. C'est bien de marquer le sport, même si on a du mal à réaliser. Après une telle compétition, cela fait plaisir de rentrer et de voir le public et l'impact de nos résultats», s'est réjoui Karabatic. Comme tous ses coéquipiers, le Montpelliérain espérait juste que l'engouement se poursuivrait au-delà de ces trophées et de ces journées de fête: «On espère que les gens vont s'intéresser. Notre seul moyen de faire connaître le hand est de gagner», a-t-il affirmé. Mais avant de repartir dans leur quotidien plus discret et de s'éparpiller dans leurs clubs aux quatre coins de l'Europe, les Bleus vont s'offrir une deuxième soirée de célébration, avec un dîner sur les Champs-Elysées.
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Super Bleus !

L'équipe de France a battu la Croatie (25-21) en finale de l'Euro. Les Bleus détiennent maintenant les titres olympique, mondial et européen. Tout simplement historique et fabuleux.
C'est énorme. Enorme ! Les Experts ont plus que jamais mérité leur appellation. Ils ont remporté le Championnat d'Europe et réussi ce fantastique triplé que tout le monde espérait, après avoir décroché l'or aux Jeux Olympiques 2008 et au Mondial 2009. Pour la deuxième finale d'affilée, ils ont également mis à genoux la sélection croate, leur «meilleure» ennemie, arrivée en Autriche avec le mors aux dents et privée de titre depuis six ans. Mais, à l'arrivée, les joueurs de Claude Onesta ont encore grimpé d'un échelon dans la légende du sport français. Ils sont également devenus la première équipe de hand masculine à détenir en même temps les trois titres majeurs. Comme lors de la finale de l'an dernier, l'équipe de France a fait la différence en seconde période après avoir couru derrière le score.
Dès les premières minutes, les joueurs de Claude Onesta se sont en effet heurtés à la redoutable défense croate. Inversement, l'équipe de Lino Cervar a été davantage capable de trouver la faille dans le rideau français. Les Bleus se sont ainsi retrouvés à courir derrière le score. Un exercice qui leur a toutefois souri. Un penalty de Michaël Guigou et un but de Nikola Karabatic, le premier à la 15e minute, leur ont permis de recoller à 6-6. Mais surtout, les Français ont été en mesure de réagir dans les ultimes moments de la première période. La Croatie, portée par une salle acquise à sa cause, avait réussi à creuser encore plus l'écart (9-12, 28e). Mais Karabatic, après avoir purgé deux minutes de suspension, est parvenu à marquer coup sur coup deux buts. Puis Daniel Narcisse a crucifié le portier adverse après avoir récupéré le ballon au milieu du terrain. L'égalité à la pause a témoigné du niveau élevé de la finale. Mais a cependant masqué les occasions manquées côté français Joli et Guigou ont chacun raté un penalty. L'ailier de Montpellier a même loupé le but tout ouvert : Alilovic, le gardien croate, avait été sorti pour compenser une infériorité numérique. Il est revenu au dernier moment pour contrer la tentative du Français. Mais Guigou s'est rattrapé un peu plus tard en marquant du centre du terrain. Ouf. A la pause, rien n'était dit.
Omeyer héroïque
Et, depuis le début de l'Euro, la seconde période, c'est l'affaire des Français. D'entrée, les Experts ont appuyé sur le turbo et ont accablé des Croates déjà cueillis à froid par la réaction de la fin de première mi-temps. Fernandez, pas inquiété par un premier échec, Karabatic, Narcisse, Abalo en contre... Tout le collectif bleu s'est mis en marche (17-13, 37e). Cauchemar dans les têtes croates. En quelques minutes, le scénario de la première période s'est brutalement inversé. Même,quand Narcisse a hérité d'une suspension de deux minutes, les Français ont marqué. Et, de l'autre côté, Omeyer a été homérique dans le but, décourageant les attaques croates. A 18-15, on a néanmoins frémi quand Karabatic a été sanctionné pour la deuxième fois d'une suspension de deux minutes. La troisième lui aurait été fatale. Mais rien n'a pu troubler l'équipe de France ce dimanche dans une salle bondée de supporters croates. A dix minutes de la fin, il n'y avait que deux buts d'écart. Abalo et Karabatic ont cependant redonné quatre unités d'avance à leur équipe (22-18). Onesta jouait subtilement un temps-mort alors que ses joueurs devaient impérativement tirer. A l'arrivée, nouveau but de Karabatic. Les Français étaient sur une autre planète. Là où personne n'était encore allée. Historique. Exceptionnel. Maintenant place à la fête. Et elle sera longue.
Olivier PAQUEREAU à Vienne
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Les Bleus sont à une marche

L'équipe de France a dominé l'Islande (36-28) et s'est qualifiée pour la finale de l'Euro. Elle tentera dimanche à Vienne de gagner la médaille d'or, après celles obtenues aux Jeux et au Mondial.
Même si l'écart n'a pas été conséquent en première période, l'équipe de France a maîtrisé son sujet du début à la fin. Face à l'Islande, qui continue donc à lui réussir, les Bleus ont imposé leur redoutable défense pour ensuite mieux se régaler devant le but. La salle viennoise, acquise aux hommes de Gudmundur Gudmunsson, est rapidement devenue silencieuse. L'Islande a mené une seule fois (12-13) à quelques minutes de la pause. Puis Nikola Karabatic a claqué quatre buts, symbole de son parcours sans faute ce samedi après-midi. Le Montpelliérain a réussi un 9/9 au tir et a usé la défense islandaise par ses nombreuses tentatives. En seconde période, les Experts ont ensuite brisé leur adversaire, l'avance étant rapidement solide (26-18, 41e). A l'arrivée, il y avait toujours la même distance entre les deux formations. Claude Onesta s'est même permis de faire tourner son effectif à dix minutes de la fin, permettant à Detrez et Barachet de jouer enfin. «On savait que nous étions meilleurs qu'eux, a lâché Didier Dinart. Nous n'avons pas vraiment été mis en danger. On se demandait seulement à quel moment notre adversaire allait craquer.»
Karabatic, Abalo, Guigou... Un festival
Dès les premières minutes, l'équipe de France a distillé des buts de très belle composition. Luc Abalo, parti du côté droit, s'est décalé sur la gauche pour battre Gustavsson (3-2, 6e). Karabatic a marqué son premier but après une bonne entente avec Jérôme Fernandez (4-3, 8e). Abalo a ensuite feinté un tir avant de servir Guillaume Gille (5-3, 9e). On a également vu Michaël Guigou (6 buts) attirer les défenseurs vers lui au centre avant de transmettre au même Abalo (8-6, 17e). Lors du festival Karabatic de la 1re période, Daniel Narcisses'est distingué en faisant semblant de servir Ostertag puis en remisant sur le joueur de Montpellier (16-13, 30e). Le show a continué après la pause. Guigou s'y est repris à deux fois pour marquer (22-17, 37e). Luc Abalo a encore inscrit un but somptueux en feintant une passe dans le dos (31-23, 50e). L'ailier droit des Experts s'est senti pousser des ailes mais a buté deux fois sur Gustavsson. Claude Onesta a jugé plus prudent de le sortir. Les deux hommes, dans le feu de l'action, ont eu une explication un brin tendue. Guillaume Joli a, lui, continué d'assurer aux penalties (6/7). Et, de l'autre côté du terrain, il y a également eu Thierry Omeyer. Le gardien de Kiel a encore écoeuré ses adversaires (15/43, 35%). Aujourd'hui tout a souri à l'équipe de France.
Onesta : «Encore une finale, on ne s'en lasse pas»
Et, un an après le Mondial, deux ans après les Jeux, la revoilà en finale. «Encore une, a souri Claude Onesta. Mais on ne s'en lasse pas. On va la préparer comme si c'était la première. Notre équipe n'est pas morte. Elle joue même de mieux en mieux.» «On a respecté notre plan de jeu», a confié sobrement Cédric Sorhaindo, désormais seul n°1 au poste de pivot après le forfait de Bertrand Gille. «On est arrivé en fin de compétition, là où tout se dit, a commenté pour sa part Nikola Karabatic. Nous avons joué tous les ballons et avons toujours eu confiance dans notre jeu. On n'a jamais douté. On n'a jamais réfléchi non plus. Je pense que c'est ce qui doit ressortir : notre confiance en nous.» Dimanche, les Experts viseront un triplé historique dans le hand. Face à la Croatie, sa meilleure ennemie, qui a dominé la Pologne (24-21). Pour les joueurs de Claude Onesta, peu importe. «Le triplé, nous, on n'y pense même pas, a affirmé Thierry Omeyer. Ce qu'on veut, c'est gagner la finale.» - Olivier PAQUEREAU à Vienne
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